Lorsque vous rencontrez la compagnie des Implacables, ils viennent en nombre. Pour tout avouer, je pensais au départ me contenter de faire le portrait de leur capitaine, mais il a refusé, préférant que l’on parle de ses hommes que de lui,  de la communauté avant de l’individualité.


Lorsque vous rencontrez les implacables, ils viennent en nombre. Courtois, sans être forcément amicaux. Francs, avant de vouloir être polis. Ils parlent peu,  non pas par pudeur mais dans une recherche constante de l’efficacité avant celle de la vénusté.
L’effet de groupe à pour lui deux conséquences : si les Implacables ne sont pas spécialement intimidants, ils ont tout de même les clés de la politesse hurleventoise pour ne pas effrayer – mais davantage attirer – le badaud, ils demeurent impressionnants dans leur nombre et leur capacité à s’insérer dans un tout que l’on nommera Compagnie. Si la hiérarchie est réelle et organise leurs rangs, elle est davantage perceptible dans le tacite que l’explicite, chacun semblant occuper une place déterminée, et surtout, être satisfait de la place qui est la sienne.

 

Pour quelqu’un qui ne combat pas, on en devine cependant l’efficacité sur un champ de bataille ou dans une mission quelconque, celle d’un engrenage bien huilé qui permet à chaque rouage de trouver si ce n’est sa place, la plus grande efficacité.


D’ailleurs, dans une continuité  osée d’une métaphore d’ingénierie, si le capitaine demeure le pilote de la machine, celle-ci se compose de cinq branches, chacune dirigée par un sous-officier :


Le Clergé, composé de paladins et de prêtres, qui est le garant moral de la Compagnie. Les Implacables expliquent ainsi que « l’aspect religieux est la pour maintenir le bon équilibre et éviter tout acte malfaisant ». C’est la pierre angulaire de l’ordre, ou, dans un registre plus léger, le volant aux mains du Capitaine.


Ensuite vient l’Assaut, qui regroupe, outre des guerriers, tous ceux capables d’affronter le danger en première ligne.  C’est la force brute des Implacables, celle qui lorsqu’il s’agit de se mouiller, est sans aucun doute déjà en train de nager dans les grands fonds, et pas uniquement la brasse. Un observateur extérieur la comparerait sans doute aux roues d’un véhicule, sans qui celui-ci n’avancerait pas d’un pouce.

 

Le Cercle, composé essentiellement d’arcanistes,  est sans doute la branche la plus obscure de la Compagnie à mes yeux, sans pour autant en être moins essentielle. Là ou le Clergé se dresse comme garant moral, le Cercle est sans doute celui de l’intellect, mêlant, comme tout mage digne de ce nom, recherche et capacité de destruction. Dans un véhicule qui deviendrait char d’assaut, il serait sans aucun doute le canon.


La quatrième branche, ou secteur, qui compose la Compagnie se fait nommer « l’Intelligence ». Elle regroupe stratèges, analystes et informateurs, auxquels on demande davantage du sang froid et de la réflexion que de porter bouclier, armure lourde et épée batarde. Ils sont ceux qui vérifient l’état de la route et tant d’éviter au char de tomber dans un nid-de-poule.

Enfin vient le Soutien, qui regroupe des artisans variés, essentiels à la survie des Implacables. Ils sont aussi bien l’essence qui fait tourner le moteur, que les hommes qui risqueraient leur vie pour changer une roue en cas de crevaison.

 

Mieux vaut s’arrêter là quant à cette métaphore d’ingénierie finalement peu ingénieuse, car les Implacables sont avant tout des hommes. Ils semblent d’ailleurs avoir des passés variés, militaires ou non. Tout à chacun peut s’épanouir au sein de la Compagnie, et surtout lui être utile, si tant est qu’il y mette du sien, et qu’il ne soit pas totalement hors norme pour les missions risquées de ceux qui demeurent avant tout, des militaires. Les Implacables résument donc ainsi qu’ils « recrutent de tout, mais du prometteur ». Les recrues sont d’ailleurs soumises à une « période d’essai, pour les guider dans leurs voies respectives », trouver la branche où ils seront les plus utiles à l’effort commun.
Quant aux buts de la Compagnie, ils sont peu nombreux mais aussi limpides que l’eau de source : répondre aux intérêts de l’Alliance et aux idéaux du champs de bataille. Les Implacables tiennent leurs ordres du Donjon, et sont envoyés sur des assauts spécialisés, là ou l’Alliance n’envoie pas ou peu de troupes, ou là elle en enverra plus tard, une fois les lieux sécurisés.



La Compagnie a d’ailleurs été crée par le Capitaine il y a un an et quelques mois. Celui-ci explique simplement qu’il recherchait des « paladins pas trop fleurs bleues », efficaces et avec la tête sur les épaules. Elle a d’ailleurs essuyé quelques pertes, mais les soldats de la Compagnie ne semblent pas être du genre à s’apitoyer sur leur sort ou à pleurer leurs morts trop longtemps.

 

Finalement, ils répondent surtout à leur nom : Ils sont Implacables, et ils continueront sûrement de l’être, que ça plaise ou non.

 

Mairi Elisabeth O’Hara