Depuis quelque temps, on se confie à moi à propos de mots et d’actes déplorables envers tous les non-humains. Dernièrement, j’ai assisté à un de ces tristes spectacles sur le parvis de la cathédrale. Un moment intolérable où j’ai pu entendre de la bouches de gens bien installés, des douloureux et crétins : « nain de jardin » ou « chatte gilnéenne baveuse ». J’ai longtemps accusé le coup. Bien évidemment j’ai tout de suite pensé que ma candidature au poste d’évêque de Hurlevent attisait la haine qui sommeillait chez quelques individus. Mais je vois là un mal beaucoup plus profond… Que ce soit une différence de morphologie, de culture ou de richesse, tout le monde devrait être considéré de la même façon, tant il apporte au royaume, la force de ses bras, de son intelligence ou de son coeur. Être courbé par le travail ou être plus petit par la taille, n’est pas une raison suffisamment valable pour être moqué et pris de haut.

A tout ceux que je croise et qui me disent : ce n’est rien, ça passera… à ceux-là je veux vraiment leur témoigner toute mon affection. J’espère, sans ironie, que ces actes irrespectueux ne surgiront pas dans une période difficile pour vous, ou pour un de vos proches diminué. Là, oui, vous pouvez encaisser. Oh, que vous êtes forts, courageux, loin de tous les qu’en-dira-t-on. C’est vrai, peut-être… Vous me le prouvez souvent, sans même que je vous le demande. Mais si une des Trois Vertus est le respect, alors, il doit être appliqué et sanctionné quand son absence porte préjudice à l’un d’entre nous.

 

D’aucuns me diront, que cette vertu, je ne l’ai pas toujours respectée. Vous auriez raison. Mais ne soyons pas naïfs, dans ce cas, faire la guerre et laisser mourir des êtres à peine sortis de l’enfance sur une plage afin de propager nos idéaux n’est pas très respectueux non plus. Là, le problème est différent. Insulter un allié pour ce qu’il représente, pour ce qu’il est et qu’il ne peut changer, est un acte gratuit, sans but. Ca cause du mal sans rien défendre, permettant seulement à quelques individus de se sentir plus forts, plus malins. Ces gens qui, malheureux certainement, aiment les beaux mots bien enfilés, les vilaines piques qu’on associe à de la répartie.

 

Qu’il est rabat joie ! on rigolait, rien de plus…. Alors, rigolez tant que vous voulez en vous attaquant aux plus forts, aux puissants et aux injustes. Mais souvent le sens de l’humour s’en va quand la peur pointe le bout de son nez. Il est plus facile de montrer les crocs au milieu de la meute, que de le faire du côté des proies. Je peux le comprendre, personne n’aime perdre ses privilèges et l’amour de ses amis. Une fois arrivé au sommet, on ne veut surtout pas tendre la main pour y inviter les autres. Notre statut n’aurait plus aucune valeur, si personne était là à nous regarder d’en bas. On est bien, confortable, entre soi. Quiconque essayera de grimper, recevra un mollard.

 

Anduin, devrait-il se passer de ces deux plus proches conseillers, Velen et Genn Grisetête, sous prétexte qu’ils ne correspondent pas aux canons de beauté Hurleventois ? Allons… Critiquer un être pour ce qu’il est, et d’où il vient, c’est cracher aux visages de tous nos alliés. Oublier que les gnomes ont été recueillis chez les nains, que des nains vivent à Hurlevent dans un quartier consacré et en dehors et qu’un tram relie même ces deux cités n’en faisant qu’une sous bien des aspects.

 

Ces actes misérables, intolérables, doivent être sanctionnés. Car de tels faits ne sont pas seulement des torts envers les êtres vivants, mais des crimes envers la Lumière elle-même.

 

Bugli Brave-Tempête