Il y a trois ans de cela j’arrivais à Hurlevent, j’étais un gnome tout fringant qui découvrait encore les tenants et aboutissants de la cité, j’appris donc qu’il était d’usage de jeter les gnomes à l’eau lorsqu’ils étaient contraignants. Il ne se passait pas une seule journée sans que l’on me projette dans un canal ou une fontaine publique, voyez, il m’est même arrivé une journée où l’on m’a propulsé trente-sept fois !… Peut-être étais-je trop flamboyant dans ma manière d’être, ou peut-être pensait-on que ça accorderait un vœux car j’étais propre comme un sou neuf ?… Quoi qu’il en soit cela me permis de développer bien plus efficacement ma magie : Je suis désormais capable de geler l’eau sous mes pieds sans tomber dedans, mais j’ai également la possibilité de créer des bulles d’air pour m’empêcher d’asphyxier ! C’est un message qu’il faut passer à chaque gnome, si vous vous surpassez vous-même, vous surpasserez ceux qui vous oppressent.

Oh, il y eut bien sûr d’autres anecdotes révoltantes, lorsque par exemple, un petit cortège de nobles a trouvé divertissant de m’enfermer dans un tonneau et le faire tourner jusqu’à me faire vomir, ou cette fois où une dizaine de gnomes furent arrêtés en rafle après avoir protesté contre une taverne qui n’offrait aucun marche-pied. Puis, il y a ces petites choses qu’on ne souligne même plus, comme ces petit commentaires qui vous mettent la chute de Gnomeregan sur le dos, ces demoiselles qui pensent qu’à cent-trente ans vous seriez soudain pris d’une envie de devenir leur peluche, ces criminels de Gnomeregan qui obtiennent une protection juridique à Hurlevent et contre lesquels vous ne pouvez rien, ces vols et dégradations de chapeaux à répétition…

 

Mais malgré tout ces désagréments, je continuerai de faire ce que je peux, je garderai ma détermination dans mon travail de représentation des lacunes de visibilité de mon peuple. A force d’éducation martelée, nous finirons peut-être à changer l’imaginaire qu’inspirent le peuple gnome au reste de l’Alliance. L’alliance est une main, et une main n’est rien sans son petit doigt pour la conseiller !

 

A présent ma chère amie, veuillez recevoir mes salutations,

 

Allifeur Tournepignon

 

 

 

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