Suite à la demande de deux de nos lecteurs, nous avons lancé un appel à témoignage concernant la discrimination raciale dans le Royaume de Hurlevent. Méa Culpa de la Rédaction, nous aurions dû l’ouvrir aussi aux humains, qui pour certains d’entre eux nous ont reproché de ne pas leur avoir proposé une tribune. L’erreur est résolue, comme vous pourrez le voir dans les nombreux témoignages qui suivent cette courte présentation, qui sont aussi diversifiés que les habitants de notre capitale.

 

Des témoignages, le Garnement retiendra deux choses :

 

La première, c’est que comme certains d’entre vous l’ont souligné, la connerie résulte davantage d’un homme que de se race entière. Si, si, vraiment ! Evidemment, que le Garnement sait qu’il y a des cons partout. D’ailleurs, si l’on part de l’idée qu’il existe 50% de cons, que la Rédaction se compose actuellement de deux journalistes, et que jamais je n’oserai insulter (publiquement) ma nouvelle recrue…

 

Il ne s’agissait pas de crier au loup, et de faire des généralités. Simplement de donner la parole à ceux qui se sont fait agresser. Sans misérabilisme, avec pudeur, et sans forcément l’envie caricaturale qui pousse à la généralisation des propos : “les humains sont tous des méchants”, “les étrangers sont tous des victimes”. Pitié. Le Garnement vaut mieux que ça, et ses lecteurs aussi.

 

La seconde, c’est que les agressions, les insultes et la violence liées au dénigrement de la race existent. Sans doute aussi vieilles que le plus vieux métier du monde. Est-ce qu’elles augmentent ? Difficile à dire. Mais le conclave a permis de confirmer, dans tous les cas, qu’elles avaient la dent dure.

 

Entendons nous bien : je ne me permettrai jamais de dire à qui que ce soit ce qu’il doit penser. Que certains trouvent qu’un nain ne soit pas adéquat à la fonction d’Evèque de Hurlevent, grand bien leur fasse. On pourrait en discuter, des capacités du Père Bugli à assimiler les codes qui leurs sont si chers, et pourtant totalement disparates d’un individu à l’autre, voir même questionner le coût pour l’Eglise de devoir raccourcir les pieds de nombreuses chaises et tribunes, lorsqu’il officiera… On pourrait discuter de tout ça, car tous les points de vue se défendent.

 

Non, le problème, c’est lorsque le Père Bugli reçoit une lettre de menace à l’encontre de sa femme et sa fille, lorsque qu’on remet en cause son statut même de prêtre… que l’on trouve finalement toutes les raisons imaginables pour le discréditer, vu qu’on s’aperçoit que notre argumentation de base n’est pas suffisamment étoffée pour lever les foules…

 

Ca manque tellement de courage, de classe et de panache… A vous, qui étiez sacrément emmerdé à l’idée de voir un nain devenir Évêque, vous en êtes venu à trouver des raisons autres, absurdes et encore plus illégitimes pour l’attaquer. Vous en êtes venu à saboter sa messe, ramenant des “citoyens jetables” (Expression du Major Stolen, que le Garnement estime digne de l’ingéniosité des gnomes), et surtout, et c’est le pire,vous en êtes venu à parler au nom des hurleventois. En vous écoutant, on avait l’impression d’avoir les rues de la capitale à feu et à sang, fourche dans une main et flambeau dans l’autre, pour une chasse à la barbe de nain. Et pourtant, en regardant par ma fenêtre, je ne voyais rien d’autre que la léthargie habituelle et les préparatifs du voile d’hiver. Sincèrement, ça vous a desservi.

Si je peux me permettre un conseil : la prochaine fois, signez les affiches en votre nom seul, ou en celui des “vraies personnes” qui partagent votre avis, sans “citoyens jetables”.

Cela aura bien plus d’impact que de se cacher derrière une foule immobile, anonyme et qui a été si amplifiée, qu’elle devient vide de sens.

 

C’est vrai, c’est difficile, de s’opposer. En général, on passe au mieux pour un illuminé, un imbécile ou un ambitieux. Au pire, pour quelqu’un qui cherche simplement à actionner le bouton de l’emmerdement maximal. Mais mieux vaut perdre et rester digne, que de gagner en ne sachant plus distinguer sa droite de sa gauche. Non ?

 

Enfin, et j’en viens à mon avis personnel. Hurlevent est et demeurera toujours la capitale humaine. Il ne s’agit pas de savoir qui a le plus souffert, entre les Exilés, les exilés gnomes, les nains, les kaldoreis et les hommes, qu’ils viennent du sud, des îles, de Stormgarde, de Gilnéas… Je ne doute pas un seul instant que tous parviennent à garder ce qui les définissent, leur éducation, leur culture, car ils l’ONT PERDUE. On chérit ce que l’on a plus, on en protège les dernières miettes avec ferveur. S’ils sont tous à Hurlevent, c’est souvent car ils n’ont pas le choix d’être ailleurs.

Alors, ne vous inquiétez pas de voir disparaître ce qui fait nos civilisations. Hurlevent demeure la capitale des hommes, la capitale de l’Alliance, qui est l’unique moyen de préserver ce qui nous est cher, points communs comme différences.

 

Mairi Elisabeth O’Hara