Pour les vilains garnements du journal éponyme.

Salut moi c’est Kern, vous avez certainement entendu parler de moi en ville ou alors j’ai croisé la petite brune du nom de Mairi. Je vous écris par rapport à ces fameux témoignages victimaires en vogue. Je suis responsable de la pleurniche des worgen en ville depuis quelques temps déjà. Et oui, c’est un haut fait bien mérité.

Pourquoi me demanderez-vous ? Je m’explique ici. Mes souvenirs sont un peu flous, je ne me rappelle plus si j’ai été forcé de boire du sang pour échapper aux Réprouvés ou si j’ai simplement été mordu lors de ma fuite de Hautebrande il y a quelques années. Mais j’ai au moins retenu une chose : être worgen, c’est à la fois une bénédiction et une malédiction.

 

Bien sûr on devient grand et fort, on a le don d’un demi-dieu qui coule dans nos veines. On renifle comme des chiens, on griffe, on mord, on est agile. C’est bien. C’est pratique. Ca s’arrête là : c’est pratique.

 

En contrepartie on est moches, gros, effrayants. Ca paraît simple dit comme ça mais ça ne l’est pas tant que ça. On est effrayants, oui. J’ai vu des voisins se faire bouffer le cul par des worgen en fuyant, des enfants disparaître dans la forêt ainsi que les volontaires envoyés à leur recherche. J’ai vu des gens se transformer en worgen en pleine perte de contrôle et dévorer leurs proches et des inconnus sans aucune distinction.

 

Il y a environ deux semaines, un type du guet urbain, Milburn je crois de nom, est venu me menacer et me dire très clairement qu’il me foutrait en geôles si je continuais à lancer des croquettes à la gueule des worgen en forme lupine que je croise en pleine ville. « Pourquoi » ai-je demandé. « Insulte raciale » fut la réponse. Et moi, même en tant que maudit, worgen qui s’assume, je suis condamnable en jetant des croquettes sur mes pairs parce que je réduis ces idiots au statut de cabot.

 

La malédiction worgen, c’est une bénédiction pour certains, une malédiction pour beaucoup d’autres. Et quand on a un passif de dévoreur d’enfants et d’égorgeur d’innocents, c’est un manque de respect de s’exposer à la population pleine de réfugiés ou de gamins qui voient les bêtes que l’on cache en nous. Après on me sort « Mais je peux pas me transformer en humain ! ». Foutaises, si tu ne peux pas te transformer, c’est parce que tu ne le veux pas, parce que tu ne te maîtrises pas. Dans les deux cas, t’es un abruti qui met en danger ton entourage et pour cet affront, je lance deux poignées de croquettes à ta truffe.

 

Voilà, vous avez le témoignage d’un worgen qui jette des croquettes à la gueule d’autres worgen en disant « woof » quand il les croise. Je suis un vilain oppresseur pour ces pauvres victimes de tout poil.

 

Bien à vous les gaillards et la petite brune.

 

Kern Pattes-d’Ours, l’Immortel, le meilleur et le divin.