Extrait :

– Journée mille-cent-soixante-dix-sept dans la Capitale de l’Alliance, je crois avoir enfin compris la race humaine : l’analyser lorsqu’on l’en est d’une culture extérieure a quelque chose de fascinant.

 

Êtres de la taille variant du mètre soixante au mètre quatre-vingt-dix – bien que la moyenne mâle Hurleventoise avoisine nos deux-mètres selon le dernier sondage gnome – ils semblent être courts sur pattes, constitués d’oreilles rabougries, possédant un attrait indéniable pour la reproduction rapide et ayant la fâcheuse manie de mourir aux alentours de leur soixantième année.

Il me semblerait avoir réussi à repérer leur caste noble : Ceux qui se saluent le long d’un quart d’heure d’acrobaties et de flatteries alambiquées, à la manière des bien-nés coincés dans leur désuétude ; pour pouvoir ainsi discuter de la nouvelle mode des lacets de bottes tressées à la Tanaride ou à la Tirassienne selon les jours pairs ou impairs. A l’occasion, si la verve du combattant d’en face leur plaît, ils se risquent à parler politique urbaine. Je crois avoir deviné après un échange de quatre monologues consécutifs et la comparaison de la taille de leur domaine respectif que le deuxième avait insulté la mère du premier. Mes analyses sont encore en cours.

 

Je me suis rassurée en voyant qu’il existait une caste plus simple : Parlant généralement de la mode du pantalon-sac-en-lin à légume hebdomadaire, ils échangent leurs formalités à coups d’arme à feu sur une place publique, insultent leurs mères respectives et finissent par aller boire un verre et se saluer. Ils doivent fonctionner à l’inverse.

Ils me font un peu penser aux Furbolgs dans leur manière d’apprendre la langue locale.

 

Je crois également avoir discerné les représentants de la loi des malfrats.

Il semblerait que ces derniers apprécient engager des nains Sombrefer pour s’auto-exploser -ou exploser les ponts- pour semer la discorde en criant un nom d’organisation rebelles à la mode -qui change tout les six mois et demi- pendant que les nobles les observent sur un air fataliste. Je crois que les nobliaux conspirent pour trouver leur animation, mais je n’ai pas encore trouvé de preuves concrètes.

Les bandits sont assez serviables pour se munir d’un masque rouge -ou blanc selon la mode-, avec l’amabilité de distinguer leur statut avant de disparaître dans un rire machiavélique et dans un nuage de farine ; les plus doués iront même jusqu’à livrer un discours sibyllin et une note énigmatique aux Sentinelles de cette ville.

 

Quelles drôles de Sentinelles d’ailleurs, si tant est que leur pavés est notre forêt, je suspecte un lien étroit de causalité entre la ridicule petite fente de leur casque et leur patrouille similaires à la pierre près. Ils me rassurent de voir que l’ordre n’est pas oublié, tout autant que leur construction de haies, d’arbres et de kiosques parfaitement symétriques. Note à moi-même : Lancer un kébab de rat sur eux n’est pas l’utilisation première de la cuisine gnome et n’est guère socialement acceptable, même chez eux.

 

[…]

 

Si les feux follets font partie de nos bâtisseurs, il semblerait que les factionnaires et les portefaix soient les leur, ils grouillent tout autant. A la différence près qu’ils consomment plus d’essence de Rhum qu’ils n’en créent et que leur regard flous et leur trait tirés ne relèvent pas d’un mystère séculaire, mais bien du soleil frappant et de leurs journées de vingt-six heures. Je dois remercier un humain qui m’a fait le réflexion qu’ils ont presque tous été tué à la rébellion des masques rouges, laissant ainsi le nouveau sang plus frais reconstruire des quartiers entiers toutes les trois cycles d’années. Après qu’ils aient été traditionnellement détruit par une nouvelle guerre ; leur forme d’équilibre, peut-être.

 

Si tant est que nous mesurons notre âge à notre capacité de faire la morale aux autres -et Elune-adore Min’da, je suis heureuse de n’avoir qu’à peine cinq siècle- : eux sont assez distinctifs. Pendant qu’une partie des enfants s’amuse à me jeter des tomates -et je ne crois pas que ce soit un signe de respect humain-, l’autre pêche le crocilisque dans les canaux en parlant de leur quarante-troisième roi, un fardeau pour les archives. J’ose imaginer qu’ils doivent avoir des ruines similaires à Eldre’thalas pour conserver toutes les archives des employés des différents royaumes. Pour le peu qu’elles soient envahies de gnolls.

Je pensais me tromper en calculant le quotient intellectuel de certains factionnaires, mais je crois que c’est l’âge qui leur cause leur sénilité : si certains anciens m’ont vendues des sous-vêtements, d’autres râlent inlassablement à propos de Lordaeron. Nouvelle note à moi-même : Parler d’épuration stratégique les vexe autant que de parler des bien-nés aux Gardiennes.

 

[…]

 

Cette chère cité blanche aux remparts aussi grandioses et aussi immaculées que les coureuses qui les habitent ; centre cosmopolite où l’on croise du marchand d’oeufs frais à vingt-trois heures au redresseur de tort le plus vénérable dans la vigilance de la Sainte Cathédrale ; je pourrais parler des modes sur quatre carnets encore. Je crois que j’admire sa diversité autant que je la hais.

 

 

Alshaïn