(NDLR : Le titre a été choisi par la Rédaction)

Recroquevillée, la peur me prenant le ventre comme un vautour aurait resserré ses serres sur sa proie. Je cherchais d’un regard brouillé un point de repère. La nuit était bien avancée, la lune haute dans le ciel semblait poser sur ma dépouille un regard bienveillant. Nulle force pour m’aider à bouger ne serait-ce qu’un orteil.

 

Plus la moindre sensation d’exister, hormis cette douleur lancinante qui me donnaient envie de hurler. Aucun son ne sortit de ma gorge anesthésiée par le froid.

 

A peine capable d’entendre les bruits autour, à part quelques tremblements qui faisaient glisser mon corps. Ils résonnaient en moi comme des coups de marteau sourds et lents. Mes yeux ouverts ne voyaient désormais plus rien. Le noir, le vide. Mon corps termina de se figer dans cette longue descente aux enfers.

 

Puis, enfin, je pouvais vivre sans avoir besoin de respirer. Mes yeux voyaient les éclaircies du ciel. Le soleil se leva et m’aveugla quelques instants. En retrouvant cette vue qui m’avait tant manquée…

Je découvris des étendues verdoyantes, des lacs et rivières aux eaux étincelantes aux reflets d’argent et de diamants. Un ciel si bleu qu’aucun Homme aurait pu en voir de tel durant toute sa vie.

 

Et un souffle chaud vint me caresser le dos. Jusqu’à ce que je me retrouve debout devant mon cadavre. La guerre faisait rage sur des terres gelées qui m’étaient inconnues. Incapable d’agir… j’étais hors course et coincée entre deux mondes…

 

Est-ce un aperçu du monde après la mort, la vie éternelle qui m’attend ?

 

 

Manorth