Dans le cadre des élections au poste d’Evêque de l’évêché de Hurlevent, voici l’entretien réalisé avec Eudes Bonefoy, candidat à l’élection ! Découvrez sans attendre ses propos !

 

 

 

  1. Quel âge avez-vous ? Où êtes vous né et où avez vous grandi ?

 

J’ai 42 ans, je suis né dans les Carmines, pas très loin de Comté du Lac, dans une famille de nobles.

 

  1. Où et comment s’est déroulée votre enfance ? Comment étaient vos parents ? Comment en êtes vous devenu à servir la Lumière ?

 

Mon enfance fut celle des enfants de la guerre. J’ai vécu cette enfance principalement en exil, la Horde étant très menaçante dans les Carmines à cette époque. Après la défaite des orcs, j’ai souhaité servir la Sainte. Mes parents étaient très pieux, mais étaient un peu inquiets de me voir, assez jeune, partir pour la ville qui avait été ravagée par la Horde quelques années plus tôt. J’ai cependant insisté, et je suis devenu novice dans la cathédrale nouvellement reconstruite, après de longs séjours dans de tristes bâtiments provisoires, vous vous en doutez !

 

  1. Qu’avez-vous fait durant les guerres (lesquelles, quand, comment… )

 

Pendant la guerre que l’on appelle communément la Première Guerre, je n’étais qu’un enfant apeuré en exil, qui entendait toutefois dans son cœur l’appel de la Sainte. J’ai pu m’engager en tant que prêtre secouriste durant les guerres contre la Horde, j’avais moins de vingt ans, et j’ai vu des horreurs qui m’ont définitivement fait embrasser le camp de la Sainte contre les ombres qui obscurcissaient le cœur de nos ennemis…et de certains combattants de notre camp. Dégoûté par la guerre, j’ai décidé de consacrer ma vie aux plus humbles, aux victimes de la guerre. j’ai vagabondé sur les terres humaines, jusqu’à ce que la guerre ne me rattrape et ne me pousse à lutter contre le Fléau en Norfendre, en tant qu’aumônier dans la flotte dite « du Nord », ce qui m’a essentiellement conduit à lutter contre les réprouvés. Ensuite, j’ai décidé de fonder un ordre dédié à l’éducation des plus pauvres, essentiellement des enfants. Depuis, je suis abbé de cette congrégation mendiante, Les Frères de la Route, et je cours les routes avec mon âne bibliothèque, mes souliers et ma foi en la Sainte, pour permettre à tous de s’instruire !

 

  1. Etes vous marié ? Parent ?

 

Je ne suis pas marié, ni même en concubinage de quelque sorte que ce soit. J’ai un frère encore en vie, ainsi qu’un neveu et une nièce.

 

  1. Pourquoi voulez-vous devenir Évêque ? Pourquoi Hurlevent ?

 

Ma seule volonté est d’obéir aux commandements de la Sainte. Si elle estime que son plus humble serviteur est apte à devenir Evêque de Hurlevent, je lui obéirais avec autant de plaisir que si elle choisit quelqu’un d’autre. Néanmoins, je suis particulièrement alarmé par la situation actuelle de l’Eglise de Hurlevent qui, au lieu d’être le fer de lance de la lutte contre le Mal, la misère, et le chaos, se comporte comme une bande de mutins dans un navire sans gouvernail. Je pense qu’il est temps de rendre à cette Eglise sa dignité, en plaçant à sa tête quelqu’un qui soit enfin capable d’ouvrir une réflexion de fond et réformer l’Eglise sans l’éloigner de ses principes fondateurs.

 

  1. Quels sont les pouvoirs que doit détenir un Évêque, selon vous ?

 

Selon moi, un Évêque n’a pas à avoir de pouvoir. C’est un arbitre, celui qui écoute, prie, et tranche. Celui qui sait ou l’Eglise doit aller, qui est capable de donner un cap qui soit la synthèse de l’ensemble des avis censés qu’il puisse recueillir. Une autorité morale, si vous voulez.

 

  1. Quelles responsabilités ?

 

Ses responsabilités, en revanche, sont immenses. Les gens d’Eglise qui, tous autant qu’ils sont, ont une passion favorite : démontrer qu’ils ont raison sur toute la ligne et que les autres ont tort. C’est comme cela que l’on retrouve des pamphlets dans la presse, comme le réquisitoire du Père Bugli contre ses collègues, et les réponses de ces derniers ! C’est aberrant ! Nous ne sommes pas au théâtre, et prendre à partie les citoyens de Hurlevent dans les conflits internes à l’Eglise ne peut que nous desservir. A t’on déjà vu des généraux se disputer dans la presse sur la conduite à tenir dans le cadre d’une quelconque guerre ? L’Evêque a la responsabilité immense d’allier l’ensemble des points de vue pour éviter la rupture entre tous les courants de l’Eglise, tous représentés par de virulents personnages, presque tous candidats, d’ailleurs, pour permettre à cette Eglise de remplir ses innombrables missions. Sa responsabilité, c’est bel et bien de prendre les décisions finales en concertation, et j’insiste bien sur ce point, avec l’ensembles des clercs, pour ensuite fixer un cap et s’y tenir, envers et contre tout.

 

  1. Quels sont vos ambitions pour votre mandat (d’une année ?) et comment comptez vous les appliquer, de manière concrète ?

 

Mes ambitions sont, je l’admet, immenses. Mon mandat, je le vois comme un chantier à ciel ouvert, une année ou l’on peut lancer les bases de l’Eglise que l’on souhaite pour Hurlevent, une Eglise ouverte sur le monde, recentrée sur ses principes fondateurs de charité, justice et piété et libérée de ses démons…et il y en a des démons ! Que de disputes inutiles, que d’impiété, que de cruauté, ou à l’inverse de mansuétude mal placée…Mon mandat débutera par de grandes consultations de l’ensemble des acteurs, pour fixer des priorités, et définir comment travailler sur ces priorités dans le cadre des valeurs de l’Eglise de la Sainte.

Mais attention ! Plus de synodes, ou je ne sais quelle invention, non. Une vraie concertation, cela se fait avec une plume et un parchemin, cela se fait sereinement, avec sa conscience et sa foi, pas dans une espèce de rassemblement ou même les principes de la Sainte sont remis en cause !

 

  1. Qu’avez vous pensé du Synode ? Comment faire pour que les différents ordres religieux dialoguent plus entre eux ?

 

Le synode n’a pour moi pas existé. Je n’ai vu qu’une assemblée digne des pires tavernes gobelines, encombrée de quelques rares clercs souhaitant faire avancer les choses, mais surtout d’une foule d’imposteurs incapables, avides de petits moments de gloire et de disputes !

Nous devons, avant de dialoguer avec les différents ordres religieux, redonner de la crédibilité à notre Eglise, qui ressemble, à bien des égards, à un synode permanent ! Nous devons dialoguer entre nous, définir une doctrine, s’y tenir, et ensuite étudier quels ordres ont une doctrine proche de la notre pour entamer un rapprochement.

 

  1. Qu’en est-il de la crise de la foi des fidèles ? Quelles sont vos mesures pour les faire revenir dans les Églises ?

 

La crise de la foi des fidèles est un problème très complexe, mais dont les causes sont simples. Il suffit de nous regarder. Nous sommes pathétiques. Il n’y a pas de soirs sans débats inutiles et idiots entre clercs sur le parvis, nous n’avons plus aucun cap, plus aucune doctrine…Il faut impérativement que tout le monde se remette en question, et se mette à travailler pour rendre à l’Eglise sa crédibilité via un discours unique, clair, et audible. J’ai lu, avec un certain amusement, les propositions pour repeupler les Eglises. Au risque de décevoir, je ne suis pas favorable aux goûter à la cathédrale…mais je pense qu’il faut rappeler que les membres de l’Eglise de la Sainte ne sont pas là que pour guérir quelques petits bobos dans un dispensaire. Ils ont pour mission d’être à l’écoute et à l’avant garde du combat contre la misère. L’Eglise s’enferme, et nous devons l’ouvrir à nouveau au monde.

 

  1. Quelles relations avec la Chancellerie et le Guet Urbain ? Que pensez-vous des élections à venir d’un nouveau Chancelier ? Pensez-vous qu’il faille développer davantage le travail de la Cathédrale de la Sainte Lumière en lien avec d’autres organes politiques ?

 

Nos relations avec l’ensemble des institutions doivent être excellentes. Je pense d’ailleurs qu’il manque à l’Eglise une personne dont la tâche soit de veiller au maintien de ces relations, sous l’autorité du futur Evêque. En ce qui concerne les élections, ou même un travail concret avec ces institutions, je pense qu’il est important que l’Eglise conserve une stricte neutralité assortie d’un devoir de réserve, sauf si d’aventure ces institutions décidaient subitement d’aller à contre courant de ses valeurs.

 

  1. Si vous avez un mot à faire passer aux lecteurs, qu’ils votent ou non, c’est le moment !

 

Je dirais tout simplement que j’espère vous avoir convaincu. Je me fiche de savoir si vous votez ou non, je veux juste que vous preniez conscience des enjeux derrière cette élection, que vous compreniez que l’Eglise, c’est vous, pas un grand bâtiment de pierre à peine habité.

Vous devez vous réapproprier cette Eglise, et, qui que soit le futur Evêque, continuer à vivre votre foi en la Sainte. Ce sera peut être un personnage qui a insulté ses collègues dans la presse, ou un autre qui se présente uniquement pour lui faire barrage, ou des personnes qui prétendent vouloir réformer l’Eglise alors qu’ils y ont déjà des postes à responsabilité…quoi qu’il en soit, la Sainte nous survivra, et Elle continuera à éclairer votre Route et guider vos pas.

 

***

Entretien réalisé de manière épistolaire d’Eudes Bonefoy, candidat au poste d’évêque de Hurlevent. L’entretien n’a pas été modifié ou coupé, réalisé par Mairi Elisabeth O’Hara.

Publicités