Dans la nuit du dixième jour du dixième mois de l’an 37, Williams, une voleuse recherchée vive par le Guet Urbain pour vol, blessures volontaires et trouble à l’ordre public a disparu au cimetière de Hurlevent. Plus tard dans la soirée, Alshaïn Pâlelune, sous illusion magique, s’est rendue à à la Caserne de l’Urbaine pour témoigner de son meurtre par deux journalistes du Garnement, Dorothée Skeeter et Fergus Brytbald.

Les deux rédacteurs ont par la suite été arrêtés  dans la soirée du quatorzième jour du même mois, devant les locaux du Garnement, Place de la Prison. S’en est suivi une longue série d’entretiens où, les deux prévenus ont commencé par nier les faits, avant de les avouer, plaidant par la suite la légitime défense. La victime, Williams, était connue des services de la Garde de Hurlevent, notamment pour agression, et son étrange manie de “marquer les gens” au visage, prélevant un peu de leur sang. Dorothée Skeeter avait d’ailleurs été agressée par la victime quelques jours précédents son meurtre, sans pour autant porter plainte à l’Urbaine.

 

Dix-huit jours après leur enfermement dans les geôles du Guet Urbain, de nombreuses auditions, confrontations avec le témoin et examens magiques, Dorothée Skeeter et Fergus Brytbald ont été jugés au Donjon de Hurlevent par la Cour de Justice Royale dans la soirée du premier jour du onzième mois de l’an 37. Le Ministère Public était représenté par le Magistrat Astagan Lynch, et la défense des accusés assurée par Rislon Milloin.

 

Les prévenus sont respectivement accusés de meurtre, pour Dorothée Skeeter, et de complicité de meurtre pour Fergus Brytbald, mais aussi de non-coopération avec agents de la couronne (les deux prévenus ne s’étant pas rendu à l’Urbaine pour témoigner des faits), et d’utilisation de sortilèges immoraux.

 

Après de longues heures de débat, c’est la Chancelière Gwaenadynn Farral, en sa qualité de juge qui rendit le verdict. Malgré la volonté du Magistrat Lynch, Procureur du Ministère public, de faire condamner Dorothée Skeeter pour manipulation mentale (notamment sur la Garde Bennett qui a procédé à son exorcisation), elle fut jugée non coupable. Elle fut aussi jugée non coupable de meurtre sur la personne de Williams, décrétée alors comme “possédée par une entité maléfique lui imposant sa volonté”, elle fut jugée comme “n’étant pas pleinement responsable de ses actes”. Elle sera suivie par l’Eglise de la Lumière, et a été relâchée juste après le verdict. L’avocat de la défense, Rislon Milloin, abordait une argumentation dans ce sens, en soulignant les différentes personnalités de Dorothée Skeeter, et l’exorcisation dont elle bénéficia pour se débarrasser de l’entité qui avait pris le pas sur sa personnalité.

 

Pour ce qui est de Fergus Brytbald, considéré quant à lui comme “pleinement responsable de ses actes” par la Cour de Justice Royale, attendu du fait aussi qu’il “n’ait pas explicitement exprimé de remords quant à la mort de Williams”, et qu’il a changé plusieurs fois sa version des faits, il fut jugé coupable, au titre de la complicité, du meurtre de Williams. Condamné à quinze coups de fouet et d’un mois de geôle (dont il avait déjà effectué près de la moitié de la peine depuis son emprisonnement), il devrait sortir de geôle dans quelques jours.

 

Concernant l’issue du procès, monsieur Rislon Milloin a déclaré que “la justice a triomphé, le verdict est juste, a innocenté Dorothée, et montré les conséquences à Fergus, même si je regrette le rallongement de sa peine”.

 

Si Dorothée Skeeter et Fergus Brytbald ne sont plus journalistes au Garnement, ayant donné leur démission et présentant l’envie de se mettre au vert, à titre personnel et en toute amitié, la Rédaction leur souhaite de réussir dans leurs projets, quels qu’ils soient, et salue deux journalistes talentueux, qui au delà de leurs compétences, demeurent des amis.

 

Mairi Elisabeth O’Hara