Quelle période troublée fut la fin de l’année 33 et le début de l’an 34. Attentats en série, élections, complots et instabilité. Face à la méconnaissance totale de cette période d’une très grande majorité de nos lecteurs, le Garnement a dépoussiéré quelques archives et a récolté des témoignages afin de vous offrir un récit le plus fidèle possible des évènements. Coup de projecteur !

 

 

L’an 33 est marqué par l’apparition d‘un nouveau titre à la Chancellerie, celui de “Haut Chancelier”. Il est donné au Duc de Edenblow, qui, selon les dires de Rislon Milloin, Rédacteur en Chef de la Gazette de Hurlevent, s’est sans doute octroyé lui même ce titre, profitant de l’absence inexpliquée de quelques mois de la Chancelière Faral. Durant ces quatre mois mouvementés en tant que Haut Chancelier, le Duc sera suspecté de nombreux méfaits, dont le plus spectaculaire demeure sa tentative “d’appropriation” des Veilleurs de Sombre Comté. Cependant, ce ne fut pas prouvé, et  – du moins est-ce la version officielle – le Duc s’éteignit en homme simple, dans son sommeil un soir du 12ème mois de l’an 33.

 

Le vice Chancelier Ozrik remplace dès lors le Duc de Edenblow à la place de Haut-Chancelier, titre qu’il dissout par la suite, alors que la Chancelière Faral réapparait en ville.

 

Ozrik est, selon les témoignages que nous avons recueilli, très proche du peuple et très aimé de celui-ci. Mais cette proximité a aussi les inconvénients de ses réussites, et l’homme subit de nombreuses attaques, d’autant plus qu’entre le mois d’août de l’an 33 et février de l’an 34, une vague de criminalité sans précédents s’abat sur Hurlevent, notamment avec des terroristes à la “bombe” (qui entraîneront d’ailleurs l’ajout en janvier 34 d’une annexe relative aux explosifs au Code des délits et des crimes) . Si le Chancelier Ozrik s’en échappe à plusieurs reprises, la chance tourne en ce vingt-sixième jour du douzième mois de l’an 33, et il est abattu dans une ruelle de plusieurs coups de dagues et de fusil. Malgré le soin de nombreux médecins, il succombe à ses blessures malgré l’aide apportée par les médecins et prêtres.

 

Feu Ozrik avait rédigé un testament dans lequel il appelait à une élection réunissant “de grands électeurs” tant de la Noblesse que du Clergé, disposant qui plus est d’un fond pécuniaire important. Les candidats, eux aussi, doivent appartenir à l’une des deux castes.

 

C’est son testamentaire Frédéric Husserl, caporal au Guet Urbain, qui se charge d’organiser ces élections. Le pauvre homme finit assassiné à son tour, mais les élections sont déjà lancées et voient quatre candidats s’affronter durant le mois de janvier de l’an 34 : deux pour le Clergé, avec Khassim Al-Rakim et Delphia Carrard, et deux pour la noblesse de Hurlevent, la comtesse Telyshka Von Tarkin et le Duc Vanir de Monsor. La Comtesse, soupçonnée de complots et de meurtre – entre autre – est écartée de l’élection. C’est le Duc Vanir de Monsor, le favori de la Noblesse, qui remporte l’élection (en arrivant premier avec dix voix sur 22 bulletins exprimés), à laquelle a participé une vingtaine de nobles et de membres du Clergé.

 

Vanir de Monsor devient Chancelier le dix-neuvième jour du premier mois de l’an 34. Mais il ne fera pas long feu, disparaissant de la Capitale et de la vie politique du Royaume quelques mois plus tard, à l’été de l’an 34. Certains semblent dire qu’il n’a pas résisté à la pression, quoi qu’il en soit il n’a depuis, semble t-il, donné aucun signe de vie. Khassim Al-Rakim, arrivé en seconde position aux élections (avec sept voix sur 22 bulletins exprimés), reprend alors la fonction, qu’il occupe depuis un peu plus de trois années.

 

 

Mairi Elisabeth O’Hara

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