Souvenez-vous, dans notre premier numéro du Garnement paru le 20ème jour du huitième mois de l’an 27, nous avons décidé de publier l’argumentaire d’Allifeur Tournepignon malgré l’interdiction du Magistrat Astagan Lynch, dans le but de questionner les autorités et les citoyens sur ce qui est assimilé, ou non, comme “allant à l’encontre de la politique du Roy”.

 

Retour sur les quatre jours d’incertitude éprouvante qui ont suivi, pour notre rédactrice en chef.

20/08/37 – au soir : Mairi Elisabeth O’Hara est convoquée par la Chancellerie via sa Greffière, Dame Eléonore Breckenridge, pour un rendez-vous prévu avec le Magistrat Lynch le soir du 25ème jour du 8ème mois de l’an 37.

 

21/08/37 – 21h : ambiance tendue au Guet Urbain. Notre rédactrice en chef est cette fois convoquée en entretien avec le lieutenant Milburn, discussion à laquelle se joint par la suite le magistrat Lynch. Un entretien musclé de plus de deux heures où la journaliste se défend bec et ongles contre les accusations d’outrage à la politique du Roi.

 

00h00 : Mairi O’Hara est conduite dans les geôles du Guet. La nuit s’annonce longue et solitaire.

 

22/08/37 : notre rédactrice en chef attend la décision de l’Etat Major concernant sa peine. Elle encourt entre 5 et 10 jours de geôle ainsi que 5 à 10 coups de fouet (voir encadré). Dehors, ses amis s’organisent pour sa libération. Le même jour, une pétition est envoyée par courrier aux citoyens d’Hurlevent et des alentours. Les signataires s’engagent à recevoir la même peine que la journaliste en signe de protestation.

 

23/08/37 : Mairi Elisabeth O’Hara est toujours dans l’attente de son jugement, rêve d’un bain moussant et entame une conversation unilatérale avec son compagnon de cellule, un écureuil à qui elle donne le doux nom de Skeepy à défaut d’autre interlocuteur. Les rumeurs au sein du Guet laissent présager une sanction minimale à son encontre, mais l’État Major tarde à rendre une décision officielle.

 

24/08/37 – 18h : la machine s’emballe. La pétition paraît, signée par une petite trentaine de personnes, affichée au sein de la cité blanche et envoyée en double exemplaire au Guet Urbain et à la Chancellerie. Le Magistrat Lynch organise une rencontre avec la journaliste, suite à son entretien prévu de longue date avec Allifeur Tournepignon. Le ton s’est quelque peu radouci, et le magistrat revient sur ses propos concernant la liberté d’information.

 

Il annonce alors qu’une réforme du Code des délits et des crimes à été initiée par la Chancellerie, et qu’elle amènera notamment à préciser le fameux article D3-23.1. Le Magistrat aborde aussi le sujet d’un éventuel portail pour Draenor, expliquant qu’il compte organiser une concertation publique sous la forme d’un vote de l’ensemble des Hurleventois.

 

22h : le Major Karven Stolen se joint à la réunion et donne son accord pour la libération de la journaliste. Cette dernière rappelle son engagement à donner un droit de réponse dans ce numéro à la Chancellerie, comme elle l’avait promis.

 

Zoom sur…. L’article D3-23.1 : Publication de journaux ou autres médias allant à l’encontre de la politique du Roy : 5 ou 10 coups de fouet et 5 à 10 jours de geôles.” Faisant partie du chapitre des délits, les accusés n’ont droit à aucun avocat (étant seulement autorisé en cas de procès pour crime), ni recours ou report de peine. La peine est statuée par le Guet Urbain, en charge des délits via l’Etat Major.

 

25/08/37 : le Major Karven Stolen publie un avis officiel de la Chancellerie et du Guet Urbain, annonçant la libération de Dame O’Hara dans un acte de clémence, rappelant “à tous les citoyens de la belle Hurlevent que la liberté d’informer est et restera défendue par les autorités, si tant est que ladite information n’entre pas en contradiction avec la parole, toute puissante, de Sa Majesté & et Ses représentants.

 

Le Garnement est parfois un enfant bien sage, et il se garde bien de prétendre à toute relation de cause à effet entre la parution de la pétition, et la libération de Dame O’Hara, quelques heures plus tard, laissant le soin à ses lecteurs de se forger leurs opinions, en bonne intelligence. Après tout, il n’est pas le seul à s’être fait taper sur les doigts.

Les autorités, elles, annoncent que les deux n’ont rien en commun, et ne sont qu’un simple concours de circonstances.

 

 

Lance Mackenzie

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